Le Ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, a confirmé son intention de recentrer les discussions salariales sur une augmentation des bas salaires. Sur Sud Radio, le 26 mars, il a souligné la nécessité de rendre les métiers de la fonction publique plus attractifs, rappelant que “l’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre”. Il a ainsi exprimé son souhait d’ouvrir une réflexion sur la rémunération des agents publics, en insistant sur le fait que trop d’entre eux perçoivent des salaires insuffisants, parfois autour de 1 500 à 1 600 euros par mois.
Qu’est-ce que vous faites avec 1 500 € aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous faites ?
Toutefois, il a reconnu que le contexte économique actuel pourrait limiter les possibilités d’augmentations salariales. “Nous sommes tenus par certaines difficultés économiques”, a-t-il expliqué. Malgré ces contraintes, il estime qu’une réflexion à moyen et long terme sur la rémunération des agents publics est nécessaire.
Une vision personnelle du Ministre
Loin d’une revalorisation générale via la hausse du point d’indice, il privilégie une approche ciblée en faveur des bas salaires. Selon lui, ces agents subissent aujourd’hui une véritable “paupérisation”, et il considère qu’une augmentation de leurs rémunérations serait légitime. Cependant, il précise que cette position est une proposition personnelle et qu’elle “n’engage pas le gouvernement”.
En parallèle, les discussions à venir ne devraient pas inclure le développement de la rémunération au mérite, une mesure défendue par l’ancien ministre Stanislas Guerini. “J’ai pris l’engagement de ne pas la remettre sur la table”, a affirmé Marcangeli.
Contrer le manque d’attractivité dans la fonction publique
Le 18 mars dernier, notre Secrétaire Général Pascal Kessler rencontrait le cabinet du ministre Laurent Marcangeli pour discuter de l’agenda social et des priorités du gouvernement. Malgré des échanges sur la question salariale, aucun engagement concret n’a été pris. La FA-FPT s’inquiète particulièrement du manque d’attractivité de la Fonction publique, un problème aggravé par l’érosion du pouvoir d’achat des agents. Le syndicaliste souligne que cette attractivité ne peut attendre des mesures à long terme : des solutions immédiates sont nécessaires pour éviter une aggravation des difficultés de recrutement et de fidélisation dans les services publics.
Un salaire moyen inférieur à celui du privé
Cette annonce intervient alors que l’Insee confirme un décrochage salarial entre la fonction publique et le secteur privé. En effet, à volume de travail égal, le salaire net moyen des agents publics est désormais inférieur de 3,7 % à celui des salariés du privé. Une tendance qui s’est inversée en 2013, après plusieurs décennies où le public était mieux rémunéré.
L’évolution des salaires dans le secteur privé a été plus rapide, notamment grâce aux revalorisations du SMIC et aux négociations des conventions collectives. De son côté, la fonction publique a souffert du gel du point d’indice, ce qui a freiné la progression des rémunérations. Cette différence touche particulièrement les cadres, qui perçoivent en moyenne 19,7 % de moins que leurs homologues du privé.
La FA-FPT persiste et signe
La Fédération Autonome se félicite des propos du Ministre, mais prévient : pas de valorisation salariale pour les fonctionnaires en fonction de leurs cadres d’emplois, leurs diplômes, etc. Nous continuons à porter des revendications pleines de justice et d’équité pour les agents :
- Indexation du SMIC sur l’inflation pour garantir un salaire décent aux agents publics les plus modestes.
- Revalorisation du point d’indice, afin de compenser les effets de l’inflation et reconnaître l’engagement des fonctionnaires.
- Mise à jour des grilles indiciaires, pour redonner du sens aux avancements de carrière et aux promotions.
- Création d’un socle indemnitaire minimum obligatoire de 20 % du traitement indiciaire pour assurer une meilleure équité salariale.
- Réactualisation des montants des indemnités horaires de travail de nuit, de dimanches et jours fériés, du supplément familial de traitement (SFT)…